Melbourne la jolie
C'est ici à Melbourne que notre course va s'arrêter pour
quelques petits jours de repos. Repos ne signifie pas pour autant
ne rien faire ... Bien au contraire. C'est régler les détails
qui ne marchent pas bien sur la route de l'aventure. C'est aussi depuis
Melbourne que nous allons prendre un bateau pour continuer notre
course en Tasmanie (le plus petit des Etats Australiens).
Terre du bout du monde, au premier coup d'oeil Melbourne est la plus
rustique, moins snob que Sydney. La ville est construite sur la rive
nord-est du fleuve Yarra. Elle fut aussi, en 1956 le temple du sport
en accueillant les Jeux Olympiques. Le centre ville rectangulaire
est un mélange de bâtiments gothiques et victoriens sur
fond de buildings d'acier et de verre.
Melbourne a la réputation d'être un foyer culturel. On
se laisse prendre par les immenses avenues, comme il est facile de
se déplacer dans les villes australiennes. Les gens sont beaucoup
moins agressifs que dans nos villes européennes. Cela donne
un cachet romantique grâce aux tramways qui déferlent
dans les rues animées.
Inspiration
C'est sur la route d'Australie en venant du nord
que l'on emerge soudainement dans la réalité d'un
paysage plus tourmenté. Les immenses forêts d'eucalyptus
offrent un spectacle d'une autre nature. Il flotte ici comme
un parfum de déjà connu, c'est étrange
comme cela ressemble au Canada.... C'est incroyable comme avec
Serge nous sommes toujours obligés de comparer l'instant
présent à un autre pays déjà connu.
Ici nous atteignons l'espace campagnard, ce paysage se défilera
encore pour quelques heures devant nous. Il pleut, il pleut
sur la route de l'ivresse. |
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Analyse personnelle
Le temps passe et la vie va, la nostalgie s'empare de nous le temps
d'un instant de faiblesse. L'aventure, c'est l'aventure. Elle se vit
sans regret, elle reste furieusement accrochée à nos
baskets. Que retenir d'une telle aventure, d'un tel voyage ? La question
est posée, elle est complexe. Bien sûr, il y a l'enrichissement
personnel, culturel. La connaissance de l'autre qui forge le respect.
Il y a aussi l'excitation d'avoir parcouru ces miliers de km au coeur
d'un échiquier de population, de couleurs, d'odeurs. Mais il
y a autre chose, cette conviction que notre course peut réellement
aider .... mais pour ça il faut un marketing d'enfer, de l'audiance,
des personnes qui se trouvent là au bon moment, des gens influents.
Il est bien connu quelque soit l'aventure d'un jour..... Une aventure
sans moyens publicitaires n'interresse pas si elle n'est pas médiatisée
a outrance, connue, critiquée, elle sera automatiquement annulée,
considérée comme nulle.
Aujourd'hui, ne compte que la télé-réalité
où les jeunes perdent pieds, deviennent des accrocs à
à des images faussées de la réalité ....
Aujourd'hui ne comptent que les articles juteux, les émotions
qui rapportent gros. Les autres sont oubliés, mais qu'importe
d'une certaine manière, c'est notre quotidien l'aventure Certes
pas extrême mais exigeante.
Mais que reste-t-il de cette aventure humaine ? Des moments de pur
bonheur, des instants partagés rares, des amitiés, beaucoup
d'envies, mais aussi pas mal de zones interdites, des flous, des doutes,
des peurs. Le voyage est trop fort, trop puissant pour y subsister
intact. Voyager c'est apprendre au quotidien la tolérance,
l'humilité qui dépasse les mots. Effectivement tout
s'apprend. Même à se comprendre.
Voyager c'est respecter celui qui se trouve devant toi. Il est si
simple de voyager pour vivre l'exotisme, le dépaysement total,
de retrouver l'image d'un pays qui nous conforte dans nos conceptions,
de prendre que les bons côtés, de se dire de toute façon
je repars. Mais il est bien plus difficile d'être juste au bon
moment, d'admettre ses fautes et ses faiblesses. Voyager est tout
un art de vivre et du savoir-faire pour ne pas offenser.
Voyager c'est bien plus de temps qu'il ne faut pour faire rêver.
Pour ma part, je préfère constater que nous avons tout
à y gagner, de croire quand plus personne n'y croit. Ce que
nous faisons de cette aventure c'est bien plus qu'une quête,
qu'une analyse, c'est de ne pas dévier d'un seul fil de nos
convictions, de ne pas tourner en rond, de se dire qu'il n'existe
aucune frontière.
L'Australie c'est ...
Une nature belle, sauf que la rencontre avec elle
n'est jamais anodine. C'est elle qui dicte sa loi, sa vérité,
elle se cache sous une apparence de caprice. Ici on retrouve
une nature exubérante avec ses odeurs de mousse, la Rainforest
(forêt pluvieuse).
Ici en Australie il y a un aménagement du territoire
inégalable à aucun autre pays. Places de jeux,
barbecue, bancs, tables, toilettes publiques, des parcs nationaux
en veux-tu en voila, des touristes, informations développées
avec un choix de prospectus illustrant la capacité de
logements, des loisirs, le tout gratuitement. |
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Une possibilité d'éventail comme on en a rarement vu.
l'Australien est un peuple qui bouge, qui visite son propre pays,
un pays solidaire avec sa nature, sa faune. L'Australien aime les
sports d'eau, il n'est pas rare de voir à 6 heures du matin,
tout un mouvement de population pratiquer leur sport.... soit vélo,
course à pied, marche, promener leur chien, soit les surfeurs
teméraires prendre la vague dans l'eau glaciale du matin....
quel courage ! C'est tout un dynamisme, un choix de vie qui est propre
à l'australie. Adossée à ma moto, "mon regard
fixe l'infini". Je suis claquée, fatiguée, saoulée,
par ce trafic, par cette immense journée.
Geste touchant
Sous une pluie battante, le moral trempé, on ne se parle pas
beaucoup aujourd'hui, chacun dans sa propre pensée. Quand soudain,
une voiture fait un demi-tour sur route, une fenêtre se baisse,
un vieux visage nous sourit et nous demande si nous avons un problème
car aujourd'hui on ne mettrait pas un chien dehors. Un instant de
partage, le vieux monsieur est touché par notre aventure. Spontané,
il nous tend quelques piecettes, quel geste touchant de la part d'une
très vieille personne.
Ce geste provoque la richesse de la diversité humaine.
T erre promise
A bien lire les écrits
S ur cette route
M irage de cette étrange
terre
A la poursuite d'une véritable
prouesse
N os regards émergent
I llico dans un autre monde
E t pourtant le seul point
commun est "oublier le froid de tasmanie"
Tasmanie, Terre lontaine
Un air du bout du monde cette terre promise où le vent est
maître. On s'est détaché du continent Australien
par 12 heures de traversée agitée en bateau. On arrive
à 6H30 du matin. Le noir est total, la température ne
dépasse pas 2 degrès. Le port ressemble à un
champ de battaille, des containers partout, des contrôles sérieux.
La Tasmanie est considérée comme une des douanes les
plus strictes au monde pour l'exportation de fruits et légumes.
On est avertit, on prend nos précautions. On sortira nos bagages
comme une lettre à la poste. La Tasmanie nous ouvre ses secrets,
ses légendes, rien ne bouge. Tout semble endormis, tout semble
être englouti par les brumes matinales. Notre bateau amarré
dans ce port donne la grandeur à cette terre du bout du monde.
Le nom qu il porte "Spirit of Tasmania" dégage un
symbole d'ailleurs, un nom qui s'envole comme une jolie note de musique.
Devonport (ville de 4'000
habitants)
On débarque dans une petite ville du nom de Devonport. Au premier
coup d'oeil, rien de bien particulier. La ville est séparée
par une rivière qui donne du cachet à cette ville industrielle.
Notre bateau, qui attend déjà de nouveaux passagers,
impose. Il se confond dans le lever du jour, il est beau, autoritaire,
donne une allure de dominer le monde. On ne regarde que lui, on pourrai
presque en devenir jaloux.
En arrière plan, une succession de collines et de plateaux.
Devonport aux maisons aux styles coloniaux s'emparent de l'époque
nostalgique. Ici les anglais ont imposé leur caractère,
leur force, leur architecture qui dépasse la beauté
du savoir faire.
Welcome to Tasmania
On frappe à notre porte. Quelle porte ? Celle de notre petite
caravane car aujourd'hui on a pas eu envie de planter la tente. Non
soyons francs, pas eu le courage.... surtout pour moi. Il était
hors de question de débuter un nouveau pays par devoir dormir
dehors. Je trouve l'excuse du froid mais à vrai dire, je n'ai
rien envie de faire, simplement me faire dorloter par un peu de confort.
D'ailleurs la Tasmanie va s'annoncer rebèle par son climat.
Beaucoup de pluie, du froid en permanence. Il est bien clair qu'il
est impossible d'être à la bonne place dans un tour du
monde. Good morning, bienvenue en Tasmanie : un couple nous invite
pour un barbecue, le repas commence par une prière, gest symbolique
que nous approvons particulièrement. Discussions animées
autour d'une bonne partie de boules.
Deloraine, village authentique
Notre course débute à 8H30, je suis camouflée
comme une combattante. Le froid ajoute du caractère un sentiment
stimulant d'avancer. Nos journées sur sol étranger sont
influencées par les vents violents et glacés venant
du Pôle Sud. D'ailleurs, l'Antartique ne se trouve qu'à
2'500 Km.
54 Km, nous arivons dans un village pittoresque au nom qui danse "
Deloraine" Avec ses 2'200 habitants aux maisons victoriennes
restaurées, ce village est entouré d'une campagne luxuriante.
De grosses bûches qui se consument dans les cheminées
réchauffent cet authentique village à l'athmosphère
surannée. Demain on ne repartira pas car un mal sournois est
venu se glisser sans crier gare dans l'arrière du genou droit
de Serge.
Voyager c'est continuellement savoir faire les bons choix.
Serge en train de se dire qu'il aurait dû choisir une
autre moto .... ;-)
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