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Adieu la petite maman de Serge !

Maman NORA est partie pour sa plus longue ballade, une randonnée sans retour.

Décédée le 3 novembre à son domicile à Sion -Valais.

Ne pas regretter les beaux jours qui sont passés, mais remercier qu'ils aient existés.

N E PAS REGRETTER
O U PLUTOT NE PAS OUBLIER
R IEN NE PEUT PLUS CHANGER
A PRESENT NORA S'EN EST ALLEE SUR SON DERNIER CHEMIN DE CABANE

A l' autre bout du monde, c'est le choc des mots, le choc de la distance.
Au moment même ou Serge courait, sa maman s' en est allée sans rien dire, un sentiment douloureux, à cet instant même on ne se doutait pas du drame.

C'est comme le choc de deux voitures... tu sais qu'il t'es arrivé quelque chose... tu écoutes..tu étouffes le silence, tu ne comprends rien...plus rien... un temps d'arrêt pour se dire... mais non ce n'est pas possible, pas elle.

Pourquoi? elle était en pleine forme, une mort foudroyante.
Un choc moral pour Serge...il ne réalise pas.
Nora s'en est allée comme elle a vécu, sans bruit, sans déranger personne.

Une femme dotée d' une énergie débordante, toute sa vie a été animée par la montagne.
D' ailleurs je l'appellais la petite chèvre des montagnes. C'est d'elle que Serge détient la passion de la vie.

La nature, les sommets étaient son seul recueil.

Non ce n'est pas possible...on ne la reverra plus...

Mais Nora nous a laissé quelque chose de grand... de fort... de beau...

Elle nous disait toujours: que quoi qu'il arrive, il faudra aller jusqu'au bout de vos efforts.

Elle était si fière de nous, tout simplement fière de son fils .

C'est pour ça que notre course se poursuivra dans la longévité de sa mémoire.
Nora on t' aimait...adieu

Tu es partie pour le plus long voyage.

Nicole


New York, New York

Il n'y a aucune ville au monde qui ne peut trahir l'image de New York. Il y a quelque chose à part, une mégapole hors normes, une ville qui nous précipite dans l'inconnu.

Tout commence avec notre arrivée dans la 5ème avenue, la plus célèbre des célèbres. Aucune ressemblance avec toutes les autres grandes villes de la côte Est des Etats-Unis (Washington, Baltimore, Philadelphie) en courant. Celle-ci est électrique, mélodramatique. New York est une ville qui ne dort jamais. On a une allure de quelqu'un qui vient de très loin avec nos bagages d'infortune. Je zigzague le monde, je serpente les avenues sans aucune complexité. Cette ville nous accueille pour nous remercier du long parcours avec ses vitrines richement décorées, des lumières qui scintillent de partout.Des gens qui envahissent l'espace, un monde fou, on est au bord de l'anéantissement. Je me trouve dans la file des taxis jaunes tellement réputés mais ceux-ci ralentissent notre lente progression.

Ici tout le monde nous gratifie d'un bonjour spontané, même la police si célèbre nous vante. On se sent les rois de Manhattan, je crois n'avoir jamais été aussi fière. Moi qui redoutais terriblement cette arrivée à New York depuis quelques semaines déjà. C'est au long de la 5ème avenue que Serge m'a embrassée au milieu d'une foule en délire pour me dire que nous avions passé nos 37'000 Km en courant. C'est à notre simple habitude que nous nous sommes dit merci... il faut encore se dire on continue. C'est avec un retard de 35 min que nous sommes arrivés devant ce qui était autrefois les tours jumelles du World Trade Center avant les tragiques attentats du 11 septembre 2001 qui en provoquèrent l'effondrement.

Un petit comité d'accueil nous attendait. Henry Rappaz, caméraman, son fils Dorian comme assistant, Ron et Suzan expressément venus d'Alaska et Joe Roetheli de Kansas-city, un parent. Tout ce petit monde pour nous, merci à eux.


New-York (2)

New-York est une ville de superlatifs. Une architecture parfois arrogante, tantôt moderne qui laisse souligner l'esprit, tantôt ancienne. Ici c'est le plus haut, le plus grand, le plus beau, une rivalité sans précédents. Nous nous trouvons en plein coeur d'une cité débordante, Manhattan. Le centre a presque liquidé sa mauvaisae réputation. C'est l'occasion d'approcher à pied les rues et les ruelles où s'alignent les bars, les boîtes branchées et les restos de toutes sortes. Une animation réjouissante. Manhattan possède l'euphorie, un centre qui prend ton énergie, ton âme, ton argent, tes désirs, tes désillusions. Ici tout est trop, cette ville, je la déshabille en permanence.

Ici tout nous étonne notamment la grandeur de l'Empire State Building de 381 mètres de haut.... Vraiment le centre de Manhattan est une déclaration. ça mérite d'être infidèle avec les autres villes.


Ville cosmopolite (NY)

Etonnante, déroutante, fascinante, si tous les adjectifs lui collent à la peau, le centre de Manhattan doit son caractère à l'image internationale composée de plus de 50% d'étrangers venus des quatre coins du monde. Il règne dans cette ville la folie des grandeurs. Plutôt un royaume du divertissement et du shopping. Le tout sur fond d'urbanisme démesuré mariant modernité et ancienneté. Ici il y a une prouesse architecturale, une véritable ville dans une ville. New York est un habit de lumière multicolores.


37'000 Km

Quel parcours....37'000 Km pour nous une satisfaction mais pas encore l'aboutissement total. Cela ne veut plus dire grand chose. La seule chose que l'on peut ressentir ouvertement c'est que ça fait bien trop longtemps que nous avons quitté le territoire hélvétique. On ne sait plus très bien quelle image est liée à notre pays. Mais une chose est certaine, c'est déjà maintenant que l'on pensre à notre retour. Trop de questions se bousculent, s'interprètent. Trop de panique mais aussi trop de joie. La seule chose dont on soit sûr c'est que les 3'500 Km de course ne sont pas acquis. On garde le but fixé en le redoutant constamment. Car les derniers mois d'une aventure sont les plus dangereux, les moins faciles à gérer.


Nous ne sommes pas adaptés

On longe une artère gorgée de trafic, la voiture est reine ici. Voir quelqu'un courir au milieu des embouteillages avec une moto qui en dit long sur son passé, sur son identité, reflète quelque chose de surréaliste. Comme on les comprend ! Nous ne sommes plus vraiment adaptés, je dirais même plus du tout adapté à la surdimension des grandes villes d'Amérique. On a l'impression d'être le nouvel E.T. qui débarque sur la planètre Terre. On a vraiment une dégaine à ne pas passer inaperçu, moi qui aime la discrétion, je suis servie. Mais intérieurement je m'amuse beaucoup. Observer la tête des gens qui eux ne savent pas très bien comment se comporter à cette image que nous représentons. Leur première idée est de se dire pourquoi ? Ensuite, est-ce que ces gens sont pauvres ? Est-ce qu'ils le font pour quelque chose ? On suscite toutes les questions, toutes les interrogations, On suscite des dialogues spontanés.


Gestes bien spontanés
L'individualité en Amérique est formidable. Pas un jour sans un petit quelque chose qui vient nourrir l'esprit. Par une gentille phrase par exemple, en nous disant "que votre voyage soit sûr". Souvent on nous donne 5$ en signe d'encouragement. On nous offre un petit repas.

L'individualité dans le monde existe encore. La chose qui n'existe plus dans le monde moderne c'est le temps de le prendre. Où que l'on se trouve, en Afrique, en Asie, en Inde, en Amérique, la première question est : de quel pays venez-vous ? Nous Répondons toujours que nous venons de nulle part, nous venons du pays des montagnes. Parfois on nous demande de quelle religion. Nous n'en avons aucune, notre religion est celle du coeur. Mais nous sommes emprunt de spiritualité. Des choses fortes, sacrées comme une rivière, un arbre. Nous essayons de ne pas dévoiler notre signe religieux par respect pour les religions qui souffrent en ce moment.


Partir loin de tous
On est tous à la recherche de l'extraordinaire, du grand, du beau, du meilleur. Le meilleur pour nous se transforme en quelque chose d'humain. La spontanéité, la parole du coeur. Virginie est la soeur du célèbre aventurier français qu a parcouru l'Afrique de l'Est en trois ans au pas de course avec sa femme Sonia. Elle symbolise cette image recherchée. Mère de quatre enfants adorables, elle a pris de son temps pour nous organiser une conférence dans le collège Franco-Américain. Un plein succès d'enthousiasme. Elle a aussi partagé le vécu de notre aventure en direct. Comme il a été difficile de quitter ce noyau familial. Le lendemain avant le départ, les nouveaux amis de l'avant veille tenaient tous à partager la course. Ils sont tous venus avec quelque chose de précieux. Une personne m'a offert spontanément son écharpe préférée qu'elle portait depuis toujours. Elle voulait que j'emporte avec moi quelque chose de chaud, quelque chose d'elle qui voyagerait à sa place. Voilà ce que j'appelle la language raccourci de l'amitié. Une autre m'a offert des chaussons polaires qui ne m'ont plus quittée. Virginie à son tour, des bottes en cuir... non de pluie mais surtout une grande cape qui date d'une vingtaine d'année pour la pluie. Cette cape a toute son histoire, son vécu, son odeur.... que je garde au secret. Merci à vous tous qui avaient utilisé le langage de la spontanéité.

 
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